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Collection "Radio Bulgarie"

Bogoslov Stoyanov, le ramoneur porte-bonheur de Razgrad…

| Modifié le 09/05/20 à 21:23

Souvent considéré comme un personnage bénéfique, la tradition en Bulgarie comme dans beaucoup d’autres pays veut que chaque fois qu’on croise sur son chemin un ramoneur, on essaye d’effleurer sa veste et même de se maculer au passage d’un peu de suie… Tel est le credo d’un jeune homme de 24 ans, Bogoslov Stoyanov, qui depuis 5 ans, a choisi le métier de ramoneur, attirant les regards des habitants de Razgrad avec ses habits et son chapeau noirs, et sa brosse à manche télescopique, lui permettant de bien racler les parois des cheminées. Toujours souriant, il dit qu’il ne changera pour rien au monde son métier qui est sa vraie passion. D’ailleurs à Razgrad, il n’a aucune concurrence puisqu’il est le seul ramoneur de la ville.

Mon oncle était lui-même ramoneur et c’est lui qui m’a donné envie de faire comme lui. Tout a commencé à l’époque où je travaillais à la municipalité de Razgrad en tant qu’inspecteur en charge du respect de l’ordre public, du BTP et des transports en commun. Un jour un collègue m’a demandé si je ne connaissais pas un ramoneur pour sa cheminée. Je me suis proposé, et il a été très satisfait de mon travail. Et c’est ainsi que j’avais trouvé ma vocation, nous confie Bogoslov Stoyanov …

Le jeune homme a fait ses études au lycée professionnel de génie civil et transport à Razgrad. Au début, il arrondissait ses fins de mois en faisant le ramoneur, jusqu’au jour où il a compris que tutoyer le ciel était son vrai métier, qui lui apportait beaucoup de plaisir et de satisfaction. Parallèlement à cela, son carnet de rendez-vous commençait à se remplir et ses clients ne sont pas seulement des habitants de Razgrad, mais de toute la région. On l’appelle à Roussé, Choumen Targovichté…C’est surtout l’automne et l’hiver qu’il croule sous les commandes, mais il ne s’en plaint pas. Il regrette que les gens ne pensent à nettoyer leur cheminée que quand elle bouchée…Il a travaillé dans des conditions extrêmes, sous la pluie et dans des congères de neige…Quant à ce qu’il trouve dans les cheminées, c’est un vrai travail d’archéologue :

Je suis équipé d’une caméra spéciale qui guide mon travail dans les profondeurs des cheminées. Et la plupart du temps, j’extrais des cuillères, des fourchettes, des débris de chantier, des téléphones, des vêtements, des trousseaux de clés, des pièces de monnaie, visiblement lâchés par les oiseaux…

Ses outils de travail sont aussi difficiles à trouver. Les différentes cordes, brosses métalliques, pelles, balayettes, goupillons ou les boulets de ramonage. Nettoyer une cheminée peut prendre entre deux heures et deux jours. Bien sûr, il ne faut pas avoir peur des hauteurs… 

Sinon, il aime chanter et jouer de la cornemuse /gaïda/ à des kermesses populaires ou à l’occasion des mariages. Il fait partie de l’ensemble folklorique du village Drianovets qui se produit régulièrement à des festivals et autres concours. Et il regrette beaucoup que les jeunes d’aujourd’hui tournent le dos aux artisanats d’époque… 



Il ne faut pas avoir du travail et aucun travail n’est ingrat ou avilissantet je pense que le métier d’artisan ne doit pas mourir. J’ai quelques amis qui font de la maroquinerie, du tissage et ils s’en tirent plutôt bien…

L’unique ramoneur de Razgrad souhaite santé et bonheur à tous ceux qui aiment leur métier et qui avancent dans la vie la tête haute…

Récit : Sonia Vasséva
Photos: archives personnelles

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