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Le Conservatoire national de musique fait la part belle au folklore bulgare

Photo: archives

2018 est une année importante pour le Conservatoire national de musique du nom du grand compositeur bulgare Pantcho Vladiguérov. Pour la première fois dans son histoire presque centenaire, l’académie a ouvert ses portes à l’enseignement du folklore. La mission a été confiée à des grands noms dans le genre et ils s’y consacrent avec enthousiasme, abnégation et amour qui font leurs preuves, conscients que c’est à eux qu’incombe la tâche de former des professionnels qui leur feront honneur à leur tour sur les scènes bulgares et internationales. Trois d’entre eux ont accepté d’évoquer les difficultés et les joies de leur mission de pionniers et de lever un peu le voile sur le spectacle que préparent leurs élèves et qui est prévu pour le 29 novembre à la salle de concerts de la prestigieuse académie.

« Nous sommes les auteurs des programmes d’enseignement et des plans musicaux, en nous basant bien sûr sur notre expérience et nos connaissances – dit Dimitar Christov chef de l’orchestre de musique traditionnelle de la RNB. – Je pense que les efforts que nous avons faits dans ce sens porteront leurs fruits sur des années durant et seront une aide précieuse pour les étudiants, tous très talentueux, ayant choisi de se consacrer au folklore. Au concert de demain les musiciens nous régaleront avec des pièces sublimes, écrites par des compositeurs prestigieux. L’ensemble de chambre jouera le “Khoro balkanique” de Kosta Kolev et le “Khoro de Marouda" de Nikolay Gueeroguiev – poursuit Dimitar Christov, qui en dehors de ses fonctions de chef de l’orchestre de musique folklorique de la Radio enseigne la tamboura, la direction d’un orchestre folklorique et est à la tête de l’ensemble de musique de chambre de l’académie Pantcho-Vladiguérov. »

Dans les autres spécialités enseignent ses confrères : Petio Kostadinov mène la classe des joueurs de cornemuse, Hristina Béléva dévoile à ses élèves les secrets du rebec, Nedialko Nedialkov, forme les futurs joueurs de kaval. Tous les trois sont solistes de l’orchestre de musique traditionnelle de la RNB.

Nelly Andréeva, qui a été des années durant soliste du plus prestigieux Ensemble national folklorique Filip-Koutev, mais aussi concertiste, enseigne le chant traditionnel :

«Enseigner les chants traditionnels est très difficile, c’est indubitable, mais c’est aussi extrêmement gratifiant et comme tout nouveau départ nous impulse à toujours mieux faire, à nous dépasser, d’autant que je peux affirmer avec fierté que les élèves de ma classe sont exceptionnelles et me permettent de me projeter dans le futur, je les vois déjà glaner des récompenses bien méritées. Les jeunes chanteuses sont des solistes merveilleuses, elles travaillent dur pour se constituer un répertoire. Je tiens à dire que j’ai une chance immense de travailler avec des jeunes talents. J’ai confiance en ces jeunes et je suis sûre que tous ceux qui se produiront sur scène se joindront un jour à nous au nom de la musique que nous aimons de tout cœur. »  

Marina Marinova, étudiante en deuxième année de chant folklorique qui  étudie aussi le violon :
« Les études académiques sont les fondamentaux pour chaque musicien, c’est un passage obligé. Quant au folklore, il donne un ressenti de liberté, un sentiment incomparable, c’est comme cela que je vois les choses. Seul ce double apprentissage est en mesure d’enrichir l’artiste. A notre premier concert, l’année passée, revêtue d’un costume traditionnel j’ai chanté une mélodie en rythme libre en m’accompagnant uniquement de mon violon. Tous les élèves des deux disciplines en ont été envoûtés et ont montré un fort intérêt pour ma prestation. Maintenant je leur ai préparé une nouvelle surprise. »

Vania Monéva, artiste dont la renommée n’est plus à faire, qui dirige le chœur prestigieux qui porte son nom enseigne la direction d’un chœur de musique traditionnelle et dirige les petits ensembles de musique de chambre avec des solistes.

« Pour moi c’est un pur bonheur – dit-elle. – Je ne vous apprends rien en disant que l’avenir appartient aux jeunes et je me suis posé la tâche de leur transmettre le plus de connaissances possible, de les aider à s’accomplir, trouver leur chemin dans la vie. Je veux les accompagner dans cette quête, leur apprendre à avoir confiance en eux et aussi d’être toujours honnêtes envers la musique,d’ être responsables et dévoués. J’ai commencé mes cours avec des pièces de nos plus prestigieux compositeurs du passé récent, qui ont écrit des œuvres inégalées – Filip Koutev, Krassimir Kurktchiyski, Nikolay Kaufmann, Stefan Kanev, Ivan Valev, Kosta Kolev. Ensuite nous passerons aux oeuvres contemporaines. Je trouve que les jeunes ont fait preuve de courage en intégrant le Conservatoire national de Musique, témoignant ainsi leur amour du folklore bulgare. Nous n’avons pas de faculté spéciale pour nous, les spécialités sont rattachées aux différentes chaires, les étudiants suivent le cursus général mis en place pour les chanteurs et les instrumentistes de musique classique. Pour le concert j’ai choisi un programme très varié avec des pièces de toutes les régions folkloriques du pays, parce que je veux montrer les capacités de nos jeunes à jouer ensemble. Il y aura aussi des interprétations en solo accompagnées par des élèves musiciens, le point d’orgue sera l’interprétation de tous les chanteurs et de l’orchestre. Je suis sûre que ce spectacle deviendra une vraie fête et pour le public, et pour l’académie. »

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