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Pépites du folklore bulgare qui ont illuminé l’année 2019

Fidèles à leur habitude, cette année encore les artistes folkloriques ont fait le bonheur du public, l’ont fait vibrer d’émotion, lui ont fait partager leurs succès et leurs moments inoubliables sur les scènes bulgares et internationales. L’année 2019 gardera dans ses annales des dizaines de concerts, de sorties d’albums nouveaux, de fêtes et d’événements remarquables … sans oublier les deux records… nous vous avons déjà parlé de certains, les autres, nous nous proposons de les évoquer maintenant.

Le chœur féminin de musique traditionnelle au nom évocateur - les Anges, et dirigé par Katia Baroulova a ajouté à son brillant palmarès un nouvel album. Et ce n’est pas tout… Fin septembre, les Anges ont donné des concerts dans cinq villes de l’empire du Soleil levant, commémorant trois dates importantes dans les relations bulgaro-nipponnes: 80 ans de l’établissement des relations diplomatiques entre la Bulgarie et le Japon, 60 ans de leur rétablissement, et 110 ans du début des contacts officiels. L’un des concerts a été une brillante illustration de l’art vocal des Anges et de l’art d’écrire de la musique en la personne du jeune Yasunori Mitsuda, un des meilleurs compositeurs de musique pour des bandes son de jeux vidéo – dit Katia Baroulova. – L’intérêt du public pour nous a été immense – poursuit-elle. A Sumida Triphony Hall de Tokyo, devant 2000 personnes nous avons chanté avec les musiciennes de Hosihigatami – un trio de dames qui jouent d’instruments traditionnels japonais „sho“… Le projet avait pour titre „Prière pour l’harmonie“, les artistes avaient choisi trois chansons de notre répertoire - „Trois rossignols“ de Petar Kroumov, „Dulber Yana“ de Tacho Baroulov et „Mehmetio“ d’Ivan Spassov. Et nous, nous avons interprété deux chansons japonaises. Les organisateurs ont fait la promotion de notre nouvel album „Heritage“ qui, d’après leurs informations aurait enregistré des ventes records. Après le Japon nous avons tourné en Allemagne et en Belgique, tous nos spectacles ont été une belle réussite.


L’Ensemble folklorique Philippe- Koutev a ouvert la saison 2019 – 2020 avec un brillant spectacle qui reproduit les grands moments de la noce dans la tradition bulgare. Son titre „ Jeune branche ploie, mais ne rompt pas“ – reprend le thème d’une des mélodies emblématiques qui accompagnaient le départ de la jeune épousée de la maison natale. Créé en 1951 par l’immense compositeur bulgare dont il porte le nom, cet ensemble a donné plus de 7000 concerts en Europe, Asie, Amérique. Le flambeau a été repris par Elena Kouteva – la fille du folkloriste, accompagnée dans sa mission par le chef- d’orchestre Gueorgui Andreev et le chorégraphe Ivaylo Ivanov, qui font perdurer la tradition et expérimentent des approches nouvelles, contemporaines. Leur nouveau spectacle est un exemple dans ce sens, car il revisite la chorégraphie de Margarita Dikova sur les musiques de Philippe Koutev et nous fait revenir en 1964, la création originale est enrichie de trois œuvres inédites pour le plus grand bonheur des artistes et du public. Le spectacle est sorti de la salle N°1 du Palais national de la culture de Sofia et a été présenté dans  plusieurs grandes villes du pays dont Varna, d’où est extrait l’enregistrement.


L’ensemble folklorique „Pirine“ qui commémore ses 65 années de scène est une autre formation iconique de musique et de danse traditionnelle. Il célèbre son anniversaire avec une série de concerts, de tournées et aussi avec une prestigieuse récompense internationale

Le spectacle de gala a eu lieu en octobre dernier au Palais national de la culture de Sofia sous un titre éloquent „Rien n‘arrête la chanson”. De trois ans à peine plus jeune que l’ensemble Philippe- Koutev, l’ensemble Pirine possède un riche répertoire de mélodies authentiques et arrangées, issues non seulement de la région du Pirine, mais aussi de toutes les régions folkloriques de Bulgarie. Les artistes ont de quoi être fiers – plus de 10000 spectacles suivis et applaudis par 7 millions d’amoureux du folklore en Bulgarie et aussi dans une soixantaine de pays des quatre coins du monde – un parcours impressionnant de l’ensemble dirigé de longues années par Kiril Stéfanov auquel a succédé le chanteur Danislav Kehayov. Pour leur concert de gala en plus des interprétations connues et aimées de tous, les artistes de l’ensemble Pirine ont régalé le public avec des musiques et des danses inédites. 


Les chanteuses dont le talent unique est homologué en bonne et due forme par le Livre des records Guinness - l’une pour avoir la voix la plus forte et l’autre la voix la plus grave - sont toutes les deux Bulgares, plus précisément enfants de la région folklorique des Rhodopes. Fin 2018, Smiliana Zakharieva a donné libre cours à sa voix super puissante  - plus de 130 décibels, rien que ça! Pourtant n’allez pas croire qu’elle „brise les vitres“ ou qu’elle noie dans le torrent de son organe exceptionnel les mélodies bouleversantes et passionnées interprétées par les cornemuseurs de l’orchestre „100 kaba gaïdi“. Son album „ Qu’est-ce que je t’ai fait, jeune fille“ est sorti en 1997 et elle chante avec l’orchestre Plovdiv accompagnée par le talentueux cornemuseur Dafo Trendafilov.


Nul ne peut dire combien de femmes sont capables de chanter le D, un ton très bas de la tessiture des voix féminines. Or Mariana Pavlova a chanté le C qu’appelle en musique „do grande“. Et cette performance a été homologuée par le Livre des records Guinness - c’est le "(2B) en octave diminuée. 

Mariana Pavlova est une des trois chanteuses du groupe Rhodopeya avec sa mère, la grande voix de la musique traditionnelle rhodopéenne Hristina Lutova et Verguinia Ovcharova – trois superbes altos. Elle a fait partie de l’ensemble Rhodopa de Smolian, du chœur Vania- Moneva (connu à l’époque comme Les Voix cosmiques), Dragostin Folk. J’avais envie de faire écouter un de ses solos, bien que je connaissais d’avance sa réponse : „je n’en ai pas!“ La voix grave, à l’instar de l’ison – la note de bourdon ou le contre-chant dans la musique sacrée est utilisée pour accompagner la mélodie, elle est comme l’assise de l’édifice, la mère de famille, le pivot qui fait tenir l’ensemble… La voix grave remporte des records, inscrits dans le Livre des records Guinness et ceci sans aucun effort de sa part, tout est don de mère nature. Mariana part s’installer à Londres auprès de sa fille mais n’abandonne pas pour autant la musique, sa vie, – elle donne des cours, chante dans divers groupes, organise des classes de maître, pourtant son grand rêve c’est de revenir au pays, ne serait-ce que pour un temps. Et elle le fera, nous en sommes sûrs, tout comme des milliers d’autres Bulgares vivant à l’étranger. Parce que les fêtes ce sont ces moments particuliers qui font battre plus vite notre cœur, nous rappellent nos racines, notre appartenance à l’esprit et aux émotions de ce pays qui porte le nom de Bulgarie.

Fines perles de rosée, recouvrez tout d’un voile limpide et frais – trio Rhodopeya



Joyeuses fêtes!



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